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Formation du 31 mai 2024 - Des doigts et des oreilles

Cette formation du 31 mai 2024 s’intitulait : des doigts et des oreilles. Il s’agissait

  • de découvrir les principaux raccourcis-clavier pour expérimenter l’usage d’un ordinateur sans souris ni pavé tactile,
  • de découvrir l’utilisation d’un lecteur d’écran,
  • de se mettre en situation de handicap pour comprendre notamment la nécessité de simplifications et de la réalisation de documents accessibles.

Les participants

Le 31 mai 2024, dix personnes ont participé. Tous des spécialistes de l’informatique : un opticien basse-vision, des UX designers, chefs de projets numériques, ou formateurs. Tous avec une bonne expérience du numérique.

La fiche de positionnement rédigée par chacun en amont de la formation a montré que :

  • trois personnes seulement ont eu accès à un lecteur d’écran,
  • cinq personnes ont tenté la navigation sur un site internet, au clavier.

Le questionnaire portant sur la connaissance des raccourcis-clavier a révélé une méconnaissance de ces outils.
Mais comment fait-on pour sélectionner un mot dans un texte, quand on ne peut pas utiliser la souris ou un pavé tactile ? Comment faire un "clic-droit" quand on ne peut pas cliquer ? Comment naviguer dans les onglets sur internet ?

Le déroulement

Pour accompagner ces 10 personnes, il y avait 5 accompagnateurs. Situation idéale.

Chaque participant était doté d’un ordinateur équipé de Aciah-Linux, et d’un clavier externe. L’ordinateur donnait accès au lecteur d’écran Orca, et à diverses simplifications.

Chaque participant avait une feuille d’exercices pratiques, et une liste de raccourcis. La journée a été dense, les découvertes ont été riches :

  • découverte du facteur temps, comprendre le temps des manipulations nécessaires.
  • découverte du facteur concentration : difficulté pour mémoriser et effectuer les commandes nécessaires, angoisse quand on s’est trompé et qu’il faut recommencer.
  • découverte du facteur complexité : des manipulations simples à la souris, sont très compliquées au clavier. Il faut donc que les développeurs pensent à simplifier les procédures.
  • découverte du facteur sonore : entendre et comprendre ce que dit le lecteur d’écran !

Les participants ont beaucoup travaillé, se sont bien intéressés aux exercices proposés et des mécanismes de raccourcis-clavier se sont mis en place.

Discussions

L’intérêt des participants pour l’accessibilité a été manifeste ! Beaucoup de questions ont été posées sur les matériels existants (différents lecteurs d’écran), sur le RGAA (réglement général d’amélioration de l’accessibilité), sur les conditions de lecture de documents pdf, docx et autres. Les discussions entre les participants ont été intéressantes. Certains participants ont souhaité aller plus loin : bureautique accessible, site internet accessible.

Evaluations

Le test final a montré une bonne acquisition des connaissances.

Pour l’évaluation à chaud, les 10 personnes devaient noter 10 items chacune. soit 100 réponses ;

2 insatisfactions : 2 %
16 réponses "satisfaction" : 16 %
82 réponses "très satisfait" : 82 %

Les deux insatisfactions ont porté sur la mise en accessibilité d’un texte et d’un tableau : par manque de temps cet exercice pratique n’a pu être réalisé. Il sera l’objet des deux formations prochaines : bureautique accessible, site internet accessible.

Commentaires écrits :

  • formation parfaite, cette formation devrait être obligatoire,
  • outil super mais une demi-journée aurait suffi
  • un immense merci pour cette journée riche en enseignements qui vont bien au delà de l’accessibilité, de ses enjeux et expérimentation. Une formation au coeur de l’humain, pour les humains.
  • équipe de formateurs très à l’écoute et disponible.
  • journée très intéressante, je ne savais pas l’importance des raccourcis-clavier, je veillerai désormais à l’accessibilité

Souhaits :

  • le RGAA et son application
  • faire la démonstration d’autres dispositifs, type plage braille
  • le braille
  • aborder la question de l’usage sur smartphone
  • proposer des exercices par thème pour s’adapter aux spécialités des stagiaires : navigation, internet, audiodescription etc.

Du côté des formateurs

Très fatigués mais satisfaits, prêts à renouveler !
ils notent en particulier que 100 % des participants recommanderont cette formation et que 89 % pensent possible de mettre en œuvre, en situation de travail, les compétences acquises au cours de cette formation.

L’avis d’un participant, Guillaume

La règle d’or dans la conception numérique, c’est de se mettre à la place des utilisateurs et des utilisatrices.

Dans certains cas, c’est difficile... Mais se mettre à la place d’une personne touchée par une déficience visuelle, c’est à la portée de tout le monde !

Pour sensibiliser sur l’importance de l’accessibilité, l’Asso ACIAH proposait vendredi dernier son atelier "Des doigts et des oreilles" pour utiliser des services numériques comme une personne mal-voyante.

La première étape c’est de s’équiper. Comme on ne peut pas utiliser l’écran, on oublie également la souris. Si vous avez 2 000€ à investir, vous pouvez vous équiper d’une plage braille. Nous allons nous contenter d’un lecteur d’écran ainsi que d’un système d’exploitation avec des raccourcis pensés pour faciliter les choses (conçu par ACIAH Linux)

Pendant une journée, j’ai appris à utiliser les emails, un traitement de texte ou un navigateur sans utiliser la vue. Et bien, c’est très frustrant !

Toute opération, même la plus simple, prend beaucoup de temps. Il faut se mettre au rythme du lecteur et écouter patiemment et attentivement ce qu’il nous dit car il ne faut pas rater les informations clés.

Dès qu’on se déconcentre un peu ou que l’on fait une fausse manipulation, il faut tout recommencer depuis de début. Sans le repère de l’écran, on ne sait pas où on en est. Il faut rester concentré de bout en bout. C’est usant.

Parfois, un élément anecdotique mal pensé peut totalement empêcher l’usage d’une interface. Je pense particulièrement à l’acceptation des cookies.

Un effort d’accessibilité sur une interface peut servir à l’ensemble des utilisateur et utilisatrices. La démarche permet notamment de trier et structurer les informations à afficher.

Je vous invite vivement à faire l’expérience (par vous même ou avec un organisme tel que ACIAH) ou au moins à regarder les démonstrations proposées ici : https://lnkd.in/eC5d5gwr

et voici un excellent site où nous pouvons tester pendant quelques minutes le daltonisme, la malvoyance, la cécité, la surdité et le handicap moteur : https://www.atalan.fr/agissons/fr/index.html
C’est une expérience qui incite vraiment à la réflexion et à la compréhension.

L’avis d’une participante, Aurélie

Vendredi dernier, j’ai passé près de 7h à tester l’inaccessible…
Une journée riche d’enseignements aux côtés de l’Asso ACIAH qui œuvre pour un numérique accessible au plus grand nombre.

Petit aperçu de la journée :
9h30. Nous sommes chaleureusement accueillis par Bernadette, directrice de l’association, Béatrice, Emmanuel, Victorien et Marin. Toutes et tous participent avec passion à sensibiliser, accompagner, développer des outils et des solutions (dont Aciah-Linux) pour répondre à l’exclusion numérique, pour tous les publics.

9h45. Chaque participant a un PC reconditionné doté d’Aciah-Linux avec lecteur d’écran, clavier, casque et… masque de nuit ! Non, pas de sieste prévue : Bernadette nous a concocté une bonne douzaine d’exercices à tester : yeux ouverts, à une main et avec les yeux bandés. Ouvrir un site internet, lire un email, réaliser un copier-coller. Simple me direz-vous… Sauf lorsque l’on a un handicap visuel, auditif, moteur ou cognitif. Le lecteur d’écran permet alors d’accéder à l’information face à l’inutilité de la souris.

Conseil n°1 : lors de la création, de la refonte ou de l’amélioration de votre site, pensez à le rendre compatible avec le clavier.

12h00. Je manie les raccourcis les plus courants pour parcourir le web ou copier des fichiers, avec un lecteur d’écran :
 Alt + AltGr pour lancer le menu
 TAB pour se déplacer (page, fenêtre...)
 H pour naviguer de titre en titre...
Le feedback visuel ou haptique d’une action est essentiel en UX. Je découvre que le feedback oral l’est tout autant… J’expérimente également une autre temporalité : le temps d’ouverture d’outils dédiés, de lecture d’un site, d’un pdf (s’il est accessible !) sont des temps longs.

Conseil n°2 : pensez à structurer et hiérarchiser vos contenus (niveaux de titres, sommaire,...) pour faciliter la navigation.

14h. L’équipe est toujours aux petits soins. Leurs anecdotes et témoignages enrichissent cette journée.
On touche du doigt ce que 15% de la population française vit chaque jour, pour tenter de s’informer, de communiquer, dans un numérique qui peine à devenir accessible. En France, il semblerait que 70% du web ne soit toujours pas accessible…

Conseil n°3  : intégrez tous les publics lors de vos phases de recherche UX pour vous assurer de concevoir un produit numérique inclusif.

17h. Je termine cette journée plus convaincue que jamais sur la nécessité d’œuvrer à rendre le monde numérique plus inclusif. Il existe tellement de ressources et d’outils à notre disposition pour faire bouger les lignes, tel que le RGAA (référentiel général d’amélioration de l’accessibilité).

Si vous cherchez à vous former à l’accessibilité numérique, je vous recommande très fortement Aciah ! D’ailleurs, je les retrouve dans une semaine pour une journée 100% RGAA !

Comme le répète Bernadette : l’accessibilité ne se voit pas, elle s’entend !